Tennis surprise
Rarement le tournoi de tennis de Roland-Garros à Paris aura offert autant de surprises. Plus ou moins plaisantes. Que les deux numéros un, féminin et masculin, aient été éliminés avant les quarts de finale, cela a suscité des réactions très diverses.
D’un côté on a été ravi d’assister à l’ascension de jeunes inconnus, mais d’autre part on a pu se désoler de voir les grandes vedettes se désintégrer de la sorte. Sans doute les fortes chaleurs de la première semaine ont-elles causé des réactions imprévues. Pour certains joueurs, elles furent les pires adversaires.
Finale féminine
J’écris ces lignes samedi, à la suite de la finale féminine qui a mis sur scène deux jeunes femmes aussi différentes que possible.
L’une, Mirra Andreeva, dont il fallait cacher la nationalité parce qu’elle est russe, n’a que 19 ans, et une taille impressionnante (1,75m.) ; elle a déjà gagné quelques tournois, notamment en Suisse, à Chiasso et Bellinzone.
En face d’elle, Maja Chwalinska, Polonaise, 24 ans, gauchère, dont la carrière a été interrompue quelques mois par une dépression. On avait un peu pitié lorsqu’on s’est aperçu que les balles filaient devant elle un peu trop rapidement.
Finalement, c’est par 6-3, 6-2 que la jeune Mirra Andreeva a gagné le titre tant convoité de championne de Roland-Garros.
Mais, il faut avouer que la partie n’a pas été passionnante. On était presque content qu’elle ne dure pas plus longtemps. Heureusement, au cours des jours précédents, on en a vu de meilleures.
Les Italiens, nombreux – ils étaient cinq -, ont montré leur agilité. Dommage que la demi-finale, qui devait opposer deux d’entre eux, n’ait pas eu lieu, Matteo Arnaldi, étant malade. On verra dimanche son compatriote Flavio Cobolli affronter l’Allemand Alexander Zverev qui s’était assez vite débarrassé du Tchèque Jakub Mensik en demi-finale vendredi.
Et les Suisses…
Les participants suisses n’ont hélas pas brillé cette année. Les trois joueuses – Belinda Bencic, Viktorija Golubic, Jill Teichmann - ont été battues assez vite. Quant à Stan Wawrinka, il a été éliminé dès le premier tour par un lucky loser (joueur pouvant continuer la compétition malgré un échec) néerlandais.
Toutefois, il a été fêté joyeusement pour sa dernière participation à Paris. Il mérite cette attention. N’est-il pas l’un des rares joueurs actuels ayant gagné trois Grands Chelems, à côté du fameux trio Federer, Nadal et Djokovic ? C’est d’ailleurs à Roland-Garros en 2015 que Stan a enregistré son meilleur palmarès, battant, mais oui, Federer et Djokovic !
Tradition
La première semaine du tournoi, malgré la canicule, a donné lieu à des batailles épiques, durant parfois cinq manches et plus de quatre heures. Bien des jeunes inconnus ont su tirer leur épingle du jeu.
D’autre part, on a pu admirer les juges de ligne qui surveillent encore les échanges, alors que les enregistrements électroniques existent aussi. L’arbitre est même souvent appelé à descendre de sa chaise pour regarder de près l’impact d’une balle.
Roland Garros respecte les traditions.