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Résister

En me promenant dans une librairie, je suis tombée par hasard sur un ouvrage intitulé Résister (Ed. Payot-Rivages, 2024), qui s’était vendu à 400.000 exemplaires en 2025. De quoi m’intriguer.

Son autrice, Salomé Saqué, 30 ans, est journaliste. Ce n’est pas son premier livre. En 2022, elle publiait Sois jeune et tais-toi, une réponse à ceux qui critiquent la jeunesse (Ed. Payot-Rivages), qui a fait d’elle une « icône de la gauche progressiste », selon un commentateur.

A certains égards, son nom ne lui a pas porté malchance. Tout récemment, en février, elle a obtenu un doctorat honoris causa de l’université catholique de Louvain.

Danger

Contre qui faut-il résister ? Contre le danger que représente l’extrême droite « parce que l’extrême droite n’est pas une formation comme une autre, parce qu’on ne revient pas indemne d’un tel régime », écrit Salomé Saqué.  Et elle ajoute : « Ce qui « n’exempte pas les autres courants et partis de faire une sévère autocritique et d’identifier leurs propres responsabilités dans la déroute intellectuelle et morale en cours ». « Il est encore temps de résister à ce rouleau compresseur », déclare-t-elle.

Salomé Saqué a subi les retombées haineuses de ses adversaires : « pouffiasse, salope, le jour de la purge on t’oubliera pas ». Elle figure dans une liste noire de personnes à abattre sur un site d’extrême droite hébergé en Russie, Réseau libre.

Les extrêmes droite progressent un peu partout dans le monde. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, « il y a désormais davantage d’autocraties que de démocraties dans le monde et près de 72% de la population mondiale vit désormais  sous un régime autocratique », selon l’université de Gothenburg.

En France, les milieux d’affaires se sont rapprochés de l’extrême droite. Pour le Medef (les organisations patronales), le Rassemblement national est désormais un mouvement amendable, responsable et compatible avec les intérêts économiques du pays.

A droite de l’extrême droite, on se heurte à pire : l’ultradroite, qui «  se distingue par une culture de la violence très ancrée ».

Le dernier chapitre de Résister a pour titre Réveillons-nous.

Réveil

Un homme qui s’est réveillé contre la violence de son temps peut servir de modèle : le pasteur allemand  Dietrich Bonhoeffer (1906-1945). Deux jours après l’arrivée au pouvoir de Hitler, en avril 1933, il a lancé un avertissement sur les ondes qui a aussitôt été coupé. Avec le pasteur Martin Niemöller, il a participé à la campagne  contre le nazisme. Ce n’est qu’en 1943 qu’il est arrêté, puis, poussé d’un camp de concentration à l’autre. Il est finalement exécuté le 9 avril 1945, quelques jours avant la fin de la guerre, comme tant d’autres otages. Plusieurs écrits de Bonhoeffer, dont Résistance et soumission, lettres et notes de captivité ont été publiés par l’éditeur Labor et Fides.

Résistances

Il y a beaucoup de façons de résister. Il ne faut pas céder sous l’effet de la force, il faut supporter, surmonter les obstacles. Pour Jean-Paul Sartre, « la résistance est un refus de céder au découragement ».

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’organisation qui s’est mise en place pour combattre les Nazis a porté le nom de Résistance, avec un R majuscule.

En Afrique, la résistance contre le colonialisme et l’impérialisme date du début du 20e siècle. Le seul succès auquel ont participé les femmes a été enregistré en Éthiopie, à la bataille d’Adoua en 1896.

De nos jours, dans chaque continent, la militarisation nourrit des conflits meurtriers. Citons l’Argentine du gouvernement de Javier Milei, l’Iran des mullahs, la guerre civile en Birmanie et au Soudan et, plus près de nous, l’Ukraine et Gaza qu’il n’est pas nécessaire de vous décrire.

Autocraties

Dans l’éditorial d’Amnesty du mois de mars, le rédacteur en chef Jean-Marie Banderet pose la question : « Une épidémie menacerait-elle nos démocraties ? Hongrie, Inde, Russie, Israël,  États-Unis, Turquie, pour n’en citer que quelques-uns : de nombreux pays présentent déjà les symptômes – à des stades plus ou moins avancés – d’un tournant autoritaire. »

Par conséquent, que nous reste-t-il à faire ? Résister. Mais comment ?

 

Commentaires

  • Je possède aussi ce petit livre courageux et tragique, parce que j’ai aussi le sentiment très fort que nous sommes arrivés à nouveau dans une période de l’Histoire où, pour ne pas perdre notre âme et notre humanité, notre devons « entrer en Résistance », comme l’ont fait beaucoup de Français sous le régime de Vichy durant la seconde guerre mondiale. Comment? En cultivant chaque jour la vie, l’amour, la solidarité et, comme tu le fais blog après blog, la communication et la pensée. On peut aussi évoquer cette maxime qui m’est chère et qu’on attribue à Guillaume d’Orange:
    « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » … Merci pour tes blogs, chère Anne Cendre.

  • Je possède aussi ce petit livre courageux et tragique, parce que j’ai aussi le sentiment très fort que nous sommes arrivés à nouveau dans une période de l’Histoire où, pour ne pas perdre notre âme et notre humanité, notre devons « entrer en Résistance », comme l’ont fait beaucoup de Français sous le régime de Vichy durant la seconde guerre mondiale. Comment? En cultivant chaque jour la vie, l’amour, la solidarité et, comme tu le fais blog après blog, la communication et la pensée. On peut aussi évoquer cette maxime qui m’est chère et qu’on attribue à Guillaume d’Orange:
    « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » … Merci pour tes blogs, chère Anne Cendre.

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