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Fiction

Anne Pitteloud, journaliste, responsable de la chronique culturelle au quotidien genevois Le Courrier, vient de publier son premier roman, Fille de (Ed. Finitude).

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Elle s’est identifiée à son héroïne qui parle à la première personne. A qui elle fait dire : « Je croyais que toute vie était construite sur une part de fiction, mais en fait, toute vie n’est que fiction. Alors autant l’écrire soi-même. »

Quelle était-elle, cette fiction ? Une histoire palpitante.

Chloé, l’héroïne, est Fille de Christian Monnay, un écrivain qui a eu un succès fabuleux pour deux livres écrits trente ans auparavant. Il n’a rien publié depuis, au désespoir de son éditeur à qui l’auteur avait fait croire qu’il avait plusieurs manuscrits en préparation.

Héritage

A la mort de son père, Chloé hérite de son œuvre et s’engage à étudier ces manuscrits pour une éventuelle publication. Or, à sa stupéfaction, elle découvre que ces fameux manuscrits ne contiennent que des pages blanches.

Sur l’insistance de l’éditeur, elle décide de lui proposer un roman qu’elle a écrit elle-même et que, du vivant de son père, elle n’a osé montrer à quiconque. L’œuvre ne ressemble guère aux précédents ouvrages de son père, mais trente ans les séparent et elle rencontre un succès phénoménal. Personne ne détecte la supercherie.

Chloé garde le secret. « Je faisais semblant, j’étais comme mon père. J’étais comme lui une tricheuse. Comme lui prisonnière de la toile que j’avais tissée. »

 Pendant combien de temps y parviendra-t-elle ? C’est tout l’enjeu du roman.

 Secrets

L’auteure a expliqué le plaisir qu’elle a eu à inventer son récit : « J'ai toujours été intriguée par les histoires de doubles, d'impostures, de faux-semblants. Je trouve que cela crée des personnages très intéressants sur un plan romanesque. Avec des failles, des secrets, des zones d'ombre. »

 Je ne divulgacherai pas toutes les inventions du roman. Ce serait vous priver d’étonnantes découvertes. L’une d’elles, cependant, mérite particulièrement l’intérêt du lecteur. Il s’agit des rapports de Chloé avec l’éditeur Richard Berlioz.

Dispute

Il ne cesse de la harceler, de la pousser à lui remettre ces fameux manuscrits, tant il a besoin de rentrées financières, ce qu’elle ignore. Il souffre d’une addiction aux jeux d’argent et perd des sommes importantes. Leurs relations s’enveniment à tel point qu’une dispute tourne mal. L’éditeur perd la vie.

Une fois de plus Chloé doit cacher la vérité. Comme elle l’a fait pour sa mère, qui, aveugle, n’a jamais pu voir les pages blanches. Ou comme à son compagnon Julien, qui ne la comprend plus.  

Quant à son père, dont la mort et l’enterrement constituent l’ouverture du roman, on ne le connait guère. Mais « Mon père ne m’a pas volé mon succès. Je lui ai offert mes mots. »

 

P.S. Fille de d'Anne Pitteloud est sélectionné pour le Prix du Roman FNAC, le Prix du Livre de la Ville de Lausanne et le Prix Envoyé par la Poste.

 

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